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La guerre de mouvement en Champagne en 1914 Entre la Ve Armée du Général Lanrezac, à sa gauche, et la III e Armée du Général Ruffey, la IVe Armée, commandée par le Général de Langle de Cary avait participé à la bataille des frontières dans la deuxième quinzaine d'août 1914. Son rôle était important. Renforcée de deux corps d'armée, elle devait, de Montmédy à Sedan, enfoncer le centre de l'ennemi en direction de Neufchâteau. L'attaque démarre le 22 août au matin. C'est un échec. Le 23 au soir, le Général de Langle ramène sa lourde armée sur la rive gauche de la Meuse. Le 26, le Général Joffre décide de monter une nouvelle manœuvre après avoir abandonné à l'ennemi le terrain nécessaire. L'ampleur du mouvement et sa durée sont plus importants qu'il n'est prévu initialement. C'est seulement le 6 septembre, après un repli profond, que nos armées font face à l'ennemi et l'obligent à reculer à son tour. Nous n'avons pas à décrire ici la bataille de l'a Marne à l'échelon stratégique. Nous voudrions seulement rappeler les événements qui se sont déroulés en Champagne, entre le méridien de Reims, à l'ouest, et l'Argonne, à l'est. D'abord la manœuvre en retraite de nos troupes sur plus de 120 km de profondeur, de la Meuse de Mézières au camp de Mailly, point extrême de l'avance ennemie. Puis, les quatre jours cruciaux de la bataille du 6 au 9 septembre 1914. Enfin, la reprise du mouvement en avant qui devait s'arrêter, hélas, quinze jours plus tard à hauteur de Reims. Dans cette bataille de la Marne, les armées de Champagne ont joué un rôle capital. Nous menacions l'aile droite allemande. Les Allemands s'efforçaient de percer notre centre. S'ils y parvenaient, notre menace s'évanouissait. Il fallait donc, à tout prix, que le centre français résistât. Ce centre était en Champagne. Et, cependant, la tâche des Armées de Champagne n'était pas facile. A l'est, elles devaient se souder à la IIIe Armée qui pivotait autour de Verdun. A l'ouest, elles devaient combler la brèche qui s'était créée entre elles et la Ve Armée. A cet effet, le Commandant en chef confie, le 29 août, au Général Foch, le commandement de l'aile gauche de la IVe Armée, qu'il constitue en détachement d'armée. Celui-ci devient une armée indépendante, la IXe Armée, le 5 septembre. La brèche, désormais colmatée, entre la Ve et la IXe Armée. réapparaît pendant la bataille entre la IXe et la IVe. C'est une chance que l'adversaire n'ait pas pu en profiter avant de battre en retraite. Reprenons maintenant, jour par jour, le déroulement des opérations du
28 août au 23 septembre, en distinguant: 1. -LA RETRAITE 28 août.5 septembre 2 septembre. Voici le récit de l'occupation de Somme-Py par Mme Félicie Coltier-Lorquet: " Dès 8 h 30, le matin, des obus éclatent autour de notre maison. Nous voyons des soldats reculer devant l'attaque allemande. Nous sommes effrayées. Après l'arrivée d'un obus sur la ferme de Jules Jacquart, la maison et la grange prennent feu. Le bombardement du village redouble. Nous descendons à la cave avec la famille Gaillot. Minutes terribles et angoissantes. Dix heures, plus de bruit de canon, mais bruit de bottes; nous quittons la cave; des soldats sont devant nous, dans le couloir; ils cherchent des francs-tireurs. Une colonne de troupes allemandes passe en chantant. La gendarmerie est en feu. Nous entendons le bruit d'une fusillade à proximité de la maison Grivelle. Sept réfugiés civils ont été fusillés. Le clocher de notre chère église est dévoré par les flammes. Des Allemands entrent; ils fouillent le placard de la cuisine, se jettent sur les pots de conserves; ils boivent le vin de la cave; ils rient, ils chantent et repartent. Le calme semble revenir, lorsque des cavaliers s'arrêtent devant la maison; le Major O.R.F.F. des Cuirassiers de Cologne, suivi de plusieurs officiers, occupe le rez-de-chaussée; il étale sur la table de la salle à manger de grandes cartes. Nous sommes reléguées dans l'arrière-cuisine; nous entendons des chants: nos envahisseurs font un grand festin. Ils boivent le bon vin de notre cave. Ils fument. Nous pleurons derrière nos vitres... " 3 septembre. A droite, le 11e corps, pressé par l'ennemi, doit attendre la nuit pour
effectuer son repli. 4 septembre. La marche est rendue pénible par la chaleur, la fatigue et l'encombrement des routes. Le Général commandant le 128 Corps estime que ses troupes sont arrivées à la limite de leur résistance. Il demande qu'elles soient transportées par voie ferrée, ce qui lui est accordé. Le dispositif est remanié. Le détachement d'armée Foch devient, à dater du 5, la IXe Armée. Celle-ci comprend les 9e et 11e Corps, la 42e D.I., les 52e et 60e D.R. et la 9e D. Cav. La Ive Armée conserve les 17e et 12e Corps, le Corps colonial et le 2e Corps. Le 4 au soir, les troupes de la IVe Armée allemande pénètrent dans Châlons. L'occupation de Châlons. 5 septembre. II. -LA BATAILLE DE LA MARNE 6 au 9 septembre 6 septembre . La 42e D.I. se heurte presque aussitôt au centre de la IIe Armée allemande. Elle est ramenée sur ses positions de départ et ne s'y maintient qu'au prix de combats acharnés. Le 9e Corps, aux prises avec la gauche de cette même IIe Armée, ne peut maintenir ses avant-gardes au nord du marais, mais reste maître des débouchés sud. A l'est, le 11e Corps, attaqué par la droite de l'Armée von Hausen (IIIe), conserve sensiblement ses positions, mais subit des pertes élevées. La 9e D. de Cav., qui surveillait l'intervalle entre les IXe et IVe Armées, doit se replier sur Sommesous. Ainsi, l'Armée Foch est contrainte de prendre, dès le début, une attitude nettement défensive; il ne s'agit plus, pour l'instant, que de tenir à tout prix en s'accrochant au terrain si l'ennemi attaque. A la IVe Armée, 1e 2e Corps et le C.A.C. combattent toute la journée pour disputer à la IVe Armée allemande les débouchés au canal de la Marne au Rhin. Ils parviennent dans l'ensemble à contenir l'ennemi sur cette ligne d'eau; le Corps colonial est particulièrement éprouvé. A leur gauche, le 12e Corps, qui n'a qu'une partie de ses forces en ligne, barre à l'aile droite de l'armée du duc de Wurtemberg (IVe) le débouché de la Marne par la grand-route de Vitry à Brienne. Le 17e Corps n'a pas été engagé. Le Général de Langle le porte à l'alignement du reste de l'armée. Le rappel vers Sommesous de la division de cavalerie appartenant à la IXe Armée d'une part, le resserrement de l'aile gauche de la IVe Armée d'autre part, ouvrent entre Mailly et Sompuis, une brèche dans laquelle il n'y a, pour l'instant, qu'un faible détachement du 17e Corps, alors que la droite de la IIIe Armée allemande s'y dirige et n'est plus éloignée, le 6 au soir, que d'une dizaine de kilomètres tout au plus. Le Général en chef met le 21e Corps à la disposition du Général de Langle. Mais ce corps ne pourra pleinement intervenir avant le 8. 7 septembre. La IVe Armée est attaquée sur tout son front, et déjà l'ennemi -la gauche de l'Armée von Hausen -pénètre dans la brèche de Mailly. Le détachement du 17e Corps, à peine renforcé, le refoule momentanément. Le 21e Corps est encore une étape en arrière; seules sa cavalerie et son artillerie sont à pied d'œuvre. Le Général de Langle amène en outre la 23e DI du 12e Corps, prête à entrer en ligne le 7 au soir, en échelon refusé du 17e Corps. Des abords de Sompuis jusqu'à Pargny-sur-Saulx, l'armée a maintenu ses positions dans l'ensemble. La lutte, très vive aux ailes, s'est apaisée au centre après une contre-attaque montée, pour faire diversion, avec une brigade fraîche du Corps colonial et une brigade du 2e Corps. A droite, l'ennemi s'est emparé de Sermaise et a pénétré dans la forêt de Trois-Fontaines. De ce côté, le Général de Langle se repose sur la IIIe Armée du soin de contenir l'adversaire qui déborde sa droite. Quant à lui, il ne cesse d'escompter la possibilité d'obtenir un succès tactique dans la région de Sompuis. 8 Septembre Le repli de la droite a entraîné le repli du centre (9e Corps). Le Général Foch prescrit une contre-offensive. Ebauchée en fin de journée, cette manœuvre a au moins pour résultat d'empêcher l'ennemi d'accentuer son avance. Enfin, puisque la Ve Armée accepte de relever la 42e DI et prête à cet effet le 10e Corps, le commandant de la IXe Armée décide de transporter cette 42e DI de sa gauche à sa droite. L'aile gauche de l'Armée von Hausen, momentanément refoulée la veille à l'entrée de la brèche de Mailly, attaque à nouveau, avec plus de force, .la gauche de la IVe Armée. Elle submerge le détachement du 17e Corps. L'entrée en ligne de .l'artillerie et de la cavalerie de la division de tête du 21e Corps au fond de la brèche, l'engagement de la 23e DI du 12e Corps amenée à la gauche du 17e Corps, enfin une suprême contre-attaque de ce Corps, épuisé, arrêtent de ce côté la poussée de l'ennemi. Cependant, le flanc droit de la IXe Armée reste découvert. Au sud de Vitry, le 12e Corps, vivement pressé lui aussi, conserve .l'ensemble de ses positions. Sur la rive droite de la Marne, le Corps colonial continue à profiter d'un certain répit. Par contre, le 2e Corps à l'aile droite de l'Armée, comme les 12e et 17e à l'aile gauche, soutient de durs combats. 9 septembre. De fait, au moment où le 9e Corps, sans attendre la 42e DI, se porte en avant pour rentrer dans Mondement et reprendre une grande partie du terrain perdu au sud des marais, l'armée von Bulow s'est déjà mise en retraite, entraînant avec elle la droite de l'armée von Hausen. La retraite allemande ne s'étend pas encore à la gauche de l'armée von Hausen qui, si elle progresse plus dans la brèche de Mailly, y résiste toujours. C'est seulement en fin de journée qu'une division du 21e Corps commence à faire sentir son action au sud-ouest de Sompuis. L'armée du duc de Wurtemberg a, dans l'ensemble, suspendu ses attaques; elle se contente d'arrêter par son canon toute tentative de progression de la IVe Armée française. La droite de cette IVe armée, restée en liaison avec la gauche de la IIIe Armée, commence à gagner un peu de terrain dans la forêt de Trois-Fontaines. Le général de Langle prescrit un nouveau renforcement de sa gauche au moyen d'éléments prélevés sur sa droite; une division du Corps colonial, une brigade du 2e Corps. La bataille est gagnée; c'est plus à l'ouest que le sort s'en est joué. Menacée d'enveloppement par la VIIe Armée française (Maunoury), la 1e Armée allemande (von Kluck) a dû s'arrêter puis battre en retraite entraînant de proche en proche le recul des autres armées allemandes. La IVe et la IXe Armée ont magnifiquement rempli leur mission en contenant dans des conditions très difficiles, la poussée des IIle, IIIe et IVe Armées allemandes. III. -LA REPRISE DE L'OFFENSIVE 10 au 23 septembre Pendant la journée du. 10,- la gauche de, la IVe. Armée (21e, 17e, 12e Corps) arrive à la voie ferrée, mais reste impuissante jusqu'au soir à briser la résistance ennemie au-delà de cette ligne . A :la droite.. le 2e Corps, attaqué, perd un peu de terrain. 11 septembre. IVe Armée. -le 11 au matin, l'ennemi a pris du champ sur tout le front de l'armée. le Général de langle donne l'ordre à ses corps de gauche de forcer les passages de la Marne, entre Vitry et Châlons, puis à ses corps de droite de prendre pied au nord de la Saulx et de l'Ornain, l'ordre n'est que partiellement exécuté; dans l'ensemble l'armée perd le contact de l'ennemi. 12 septembre. IXe Armée. IVe Armée. -les trois corps de gauche de l'armée (21e, 17e, 12e Corps) franchissent la Marne en aval deVitry-le-François. A droite le Corps colonial et le 28 Corps passent sans difficulté la Saulx et l'Ornain, le soir, le front de l'armée est un peu au nord de la route Reims-Bar-le-Duc, entre la Cheppe et Nettancourt. 13 septembre. IXe Armée. -Continuant la poursuite de l'ennemi, l'Armée dort atteindre la ligne de la Py et de la Suippe ; mais, dès 9 heures, les avant-gardes se heurtent à des arrière-gardes de l'ennemi composées de troupes de toutes armes qui opposent une résistance de plus en plus forte. En fin de journée, nos troupes n'ont avancé que d'une dizaine de kilomètres; elles sont arrêtées, au contact, sur la ligne générale: Prunay, Prosnes, Saint-Hilaire-leGrand, Suippes. IVe Armée. -l'armée prend contact avec l'ennemi aux abords de la grand-route Metz-Verdun; après une brève résistance, l'adversaire se retire. Toutefois, à l'exception de deux divisions d'infanterie qui s'avancent jusqu'à Souain et Beauséjour, l'ensemble de l'armée ne dépasse guère, en fin de journée, le front: Suippes, Sainte-Menehould. 14 septembre IXe Armée. -l'armée se heurte, sur tout le front, à de l'infanterie solidement retranchée, appuyée par de nombreuses mitrailleuses et une artillerie considérable. Après de très durs combats, elle ne parvient à réaliser que des progrès locaux insignifiants; elle est arrêtée en fin de journée sur la ligne générale: route de Reims à Saint-Hilaire-le-Grand, Souain. Ve Armée. -L'armée, réduite à quatre corps, le 21e Corps lui ayant été
retiré, ne progresse plus que par sa droite. 15 septembre IXe Armée. -Sur tout le front de l'Armée le moindre mouvement en avant de nos troupes provoque une violente réaction. Décidée au début de l'après-midi, l'attaque de Souain débute vers 16 heures, sous la protection d'une importante artillerie. L'ennemi, renonçant à se défendre, se replie vers le nord. A la nuit, notre infanterie est maîtresse de Souain, de la croupe nord-est, et du bois à 1.500 m à l'est de Souain. IVe Armée. -Le Général commandant l'armée envisage de poursuivre par la droite vers le nord, avec comme objectif la voie ferrée Somme-Py-Manre. L'attaque montée par le Général Gérard (2e C.A.) ne peut, sous le feu de l'artillerie lourde allemande, déboucher de Servon. Sur le front du Corps colonial, toutes les tentatives faites pour progresser vers le nord sont brisées par le feu de l'ennemi. A l'aile gauche, devant le 17e Corps, les progrès sont insignifiants. La 34e DI prend pied sur le mamelon du Moulin-de-Perthes et sur les pentes nord d'Hurlus. A sa droite, la 33e DI tient Le Mesnil, mais ne peut à peu près nulle part franchir la route entre ce village et la ferme de Beauséjour. 16 septembre. IXe Armée. -Le Général Foch songe à appliquer son effort principal à l'est de la Suippe où la résistance ennemie paraît faiblir. Les 21e et 11e Corps prendront comme objectif la route Somme-Py-Dontrien. Au petit jour, un brouillard épais règne sur la Suippe ; sur les deux rives de la rivière et plus à l'est, les troupes d'attaque sont arrêtées par le feu de l'adversaire sans avoir pu aborder la ligne ennemie. La situation de la IXe Armée est donc, le 16 au soir, à peu près semblable à celle de la veille. IVe Armée. -A gauche, le 12e Corps, chargé d'appuyer l'attaque de la IXe Armée, ne peut, lui non plus, déboucher. Par ailleurs, les opérations prévues marquent un temps d'arrêt. Le 2e Corps envisage un repli sur une position plus favorable. Le Corps colonial organise le terrain conquis la veille tout en se mettant sur la défensive. Au 17e Corps, la 34e DI pousse vivement son attaque sur Tahure. Le village de Perthes-les-Hurlus est enlevé, mais rendu inutilisable par le feu précis des obusiers allemands; il est abandonné peu après. 17 septembre. IXe Armée. -Au 9e Corps, toutes les offensives déclenchées en direction du massif de Moronvilliers se heurtent à une résistance acharnée. Ayant appris, en début de matinée, la prise de Perthes.les-Hurlus par le corps de gauche de la IVe Armée, le Général commandant le 21e Corps forme une brigade d'attaque pour exploiter le succès remporté par le corps. Celle-ci se heurte dans l'après-midi à une résistance tenace de l'adversaire, dont le feu l'empêche de déboucher de la lisière des bois où elle se fixe. Le dispositif des armées est remanié; la IXe Armée élargit vers l'ouest sa zone et prend à son compte la défense de Reims. Le 12e Corps est mis à sa disposition. IVe Armée. -Une attaque est déclenchée vers 13 h 30 dans la région boisée à l'ouest de Perthes et en direction de Tahure. Les éléments engagés ne peuvent dépasser la route Souain-Perthes en raison de l'intensité du feu ennemi. 18 septembre. IXe Armée. -La journée n'apporte pas de modification sensible sur le front de l'armée. Partout l'infanterie est arrêtée par des tranchées ennemies couvertes et protégées par un large réseau de fil de fer. L'ennemi modifie son attitude; vers 13 heures, il déclenche une attaque vers Saint-Hilaire-le-Grand qui tombe entre ses mains vers 18 heures. Une contre-attaque à la fin de la journée reprend pied dans ce village, puis s'en empare définitivement pendant la nuit. IVe Armée. -Les mouvements nécessités par le départ du 12e Corps, affecté la veille au soir à la IXe Armée, arrêtent, dans la journée du 18, les tentatives de progression vers le nord de la IVe Armée. De son côté, l'ennemi ne cherche pas à troubler le calme du champ de bataille. Le Général de Langle met à profit cette inaction de l'adversaire pour asseoir définitivement ses troupes sur le terrain. 19 septembre. IXe Armée. -L'espoir du Général Foch de voir l'adversaire reprendre son mouvement de retraite ne se réalise pas. L'ennemi prend délibérément une attitude agressive. L'attaque en direction de l'Epine-deVédégrange, envisagée la veille, se trouve compromise dès le départ. Le Général Foch se décide donc, dans la soirée du 19, avant de reprendre l'offensive, à attendre l'arrivée de l'artillerie lourde annoncée par le Général en chef, et prescrit à ses corps de se mettre sur la défensive. Le projet d'offensive envisagée ne rencontre pas l'approbation du Commandant en chef; ses préoccupations sont ailleurs. Dans une formule lapidaire, le Général Joffre fait connaître sa réponse au Commandant de la IXe Armée: "Attaque à différer. Avertir d'économiser munitions ". Le 11e Corps est retiré à la IXe Armée. IVe Armée. -Le Généra] de Langle envisage de reprendre le lendemain une attitude agressive. 20 septembre. A la IVe Armée, au cours de l'après-midi, la 33e D.I., couverte à gauche par la 34e, à droite par un bataillon de la 2e D.I:C., parvient à se rapprocher des organisations ennemies, progressant ainsi de 800 mètres vers le nord. Sur le vu de ces résultats, le Généra] de Langle se décide à reprendre vigoureusement l'offensive le 21. 21 septembre -22 septembre. L'attaque est menée par le 2e et le 17e Corps et poursuivie pendant deux jours; malgré certains progrès, la position ennemie: Butte-du-Mesnil, Maison-de. Champagne et la crête plus à l'est, se révèle très puissante. Le Général de Langle se résigne à arrêter ses attaques. La guerre de mouvement est terminée. Les Allemands s'étaient arrêtés le 14 sur une position choisie d'avance, qu'ils avaient rapidement organisée. Tous nos efforts pour les en déloger restent vains. La carte donne l'ordre de bataille des unités françaises au contact à la date du 30 septembre 1914. Le front n'a guère bougé depuis quinze jours. Les deux adversaires s'enterrent, hérissent le terrain de barbelés, notamment sur les contre-pentes où ils seront si funestes à nos attaques. Si la ligne de front ne se déplace guère (3 à 4 km en quatre ans), les
combattants ont une activité intense. Ce sont tantôt des petites opérations
pour " grignoter" l'ennemi ou rectifier un tracé défectueux, tantôt de
grandes attaques comme: ANNEXE ORDRE DE BATAILLE DES UNITÉS FRANÇAISES Le Groupement d'Armée Foch comprend, de gauche à droite: -La 9e Division de Cavalerie (Général de l'Espée), .La 17e DI. (Général JB Dumas, jusqu'au 3-9, puis Général Moussy du
3 au 13-9, puis Général Guignabaudet). -Le 11e Corps (Généra! Eydoux) comprenant: · La 21e DI (Général Radiguet)
; A l'est du Groupement Foch, le reste de la IVe Armée comprend quatre
corps d'armée. Ce sont, de gauche à droite: -Le 12e Corps (Général Roques), comprenant: Le 12e Corps passe à la IXe Armée le 17 septembre.
-Le 21e Corps est mis à la disposition de la IVe Armée du 6 au 14 septembre. Il passe alors à la IXe Armée. Il comprend: 1 -De la Marne à la stabilisation Après la Bataille de la Marne (6-9 septembre 1914) et à cause de la poursuite des troupes allemandes en retraite, nos troupes se trouvent rapidement fatiguées. Dans ces conditions, la poursuite s'arrête dès que l'ennemi fait front sur des positions qui sont déjà sommairement organisées. Cet arrêt sur une nouvelle position paraît avoir été prévu, dès le début de la retraite par le Haut-Commandement Allemand: l'ennemi n'a pas défendu la Marne et s'est retiré au Nord. Sous la pluie incessante et les rafales de vent; les soldats allemands occupaient les villages de Souain, Perthes-lesHurlus, Hurlus, Mesnil-les-Hurlus, Massiges, Ville-sur-Tourbe et commençaient à creuser des tranchées, défendues par du fil de fer, entre ces villages et sur les collines qui les bordent. Le 16 septembre, des prisonniers allemands du 18e Corps de réserve, pris par le Corps colonial, déclareront que l'armée allemande n'est pas en retraite, mais qu'elle a simplement changé de position, que les retranchements sont préparés depuis plusieurs jours et qu'elle doit y résister. Déjà, dès le 14 septembre, le général de Langle de Cary a l'impression que la IVe Armée a devant elle des arrièresgardes ennemies puissantes et fortement appuyées par de l'artillerie sur le front Souain, Ville-sur-Tourbe, Vienne-laVille. La guerre de mouvement est terminée et, à partir de ce moment, une nouvelle tactique aura pour conséquence d'opposer aux organisations allemandes des organisations françaises. La partie de la Champagne dont nous devons nous occuper est une région mollement accidentée. Elle est bordée par des collines qui sont, à l'Ouest, le massif de Moronvilliers près de Reims, à l'Est, les hauteurs de la Main de Massiges qui surplombent la rive gauche de l'Aisne. Le sol aride formé d'une craie argileuse est recouvert d'une très faible couche de terre arable Les villages de la Champagne pouilleuse sont modestes, ils ne possèdent pas l'électricité et pourtant chacun semble satisfait de son sort. Les maisons en pisé devaient être mises en ruines dès les premiers bombardements. Les points d'eau sont très disséminés. Les routes empierrées sont très espacées et les chemins de terre qui sont bons par temps sec deviennent sous la pluie de véritables bourbiers. Trois routes seulement vont du Sud au Nord: celle de Nevers à Sedan (...Suippes, Souain, Somme-Py...), celle de Somme-Suippe à Tahure, celle de Sainte-Menehould à Vouziers. Les fermes isolées sont rares: ferme des Wacques, de Navarin, du moulin de Ripont, de Maisons de Champagne, de Beauséjour et ferme Chausson. Le sous-sol formé d'une roche compacte et tendre offre des facilités particulières pour l'exécution rapide et sans revêtement de travaux importants de pionniers: tranchées boyaux, abris, mines, sapes... Nos troupes sont exténuées; marchant presque sans trêve depuis plus d'un mois, mangeant et dormant au gré des circonstances, les nerfs ébranlés par les combats, les bombardements, les visions sanglantes des champ de bataille, nos soldat sont d'autant plus sensibles aux atteintes des premières fraîcheurs de l'automne qu'il s'annonce précoce. La pluie est tombée presque sans discontinuer du 10 au 16 septembre, et c'est dans de véritables bourbiers que la plupart d'entre eux doivent passer les longues heures de la journée, accroupis et immobiles, de crainte d'attirer le feu de l'ennemi. La nuit n'apporte même pas un répit à leurs souffrances. Les corvées de ravitaillement en vivres et en munitions sont extrêmement pénibles lorsque, dans cette boue épaisse et gluante de Champagne, où l'on s'enfonce parfois jusqu'aux genoux, il faut piétiner, exténué de fatigue pendant des kilomètres. Amaigris, ahuris, nos soldats sont dans un état morbide qu'aggrave en outre une crise générale d'entérite. Le paysage lui-même invite à la tristesse: de petits boqueteau rabougris; peu de villages; des maisons en pisé démolies par l'artillerie, incendiées ou pillées; à tous les carrefours, des voitures brisées, des chevaux éventrés, et souvent des cadavres que personne ne songe à ensevelir. Seuls, errants dans la campagne, quelques moutons et vaches animent ce paysage lugubre; fuyant les coups de canons, ils se dirigent alternativement d'un camp à l'autre, contribuant ainsi au ravitaillement des deux adversaires. On a parfois qualifié le soldat de Champagne pendant l'hiver 14/15 "d'Homme de la boue ". Ces trois mots lui donnent sa vraie figure et résument toutes les souffrances qu'il a endurées. Au 21 septembre 1914, le front de la IVe Armée tenait la partie occidentale de l'Argonne et franchissait l'Aisne au Sud de Servon; il était jalonné par les villages de Ville-surTourbe, Massiges, Perthes-les-Hurlus et Souain où il se soudait alors à la IXe Armée. De l'Ouest à l'Est, les Corps d'Armée étaient placés dans l'ordre suivant: 17e Corps (J.-B. Dumas), Corps Colonial (Lefebvre), 28 Corps (Gérard). Réserves: 6e division de cavalerie (De Mitry); 8e Corps (De Castelli) venant le 19/9 de la Ille Armée et y repartant le 23/9. Le quartier général de la IVe Armée se trouvant à Dommartin sur Yèvre. 2 -Premières attaques locales Les attaques à front continu de la IVe Armée n'ayant rien donné, on tente les jours suivants des coups de sonde, des combats de patrouille. Déjà, les Allemands utilisent de nuit des feux au magnésium. Puis le 21 septembre, des éléments des trois Corps d'Armée (17e, C.A.C., 2e) attaquent pour essayer d'enlever un certain nombre de points d'appui de la ligne ennemie. La chute des intervalles serait la conséquence de cette première phase de l'opération, car chaque Corps d'Armée ne pouvait affecter aux attaques qu'un faible effectif, devant continuer à garder un front très étendu qu'il ne pouvait dégarnir sans compromettre sa sécurité. Le 17e .Corps attaquait une position près de Perthes-les-Hurlus, le C.A.C. attaquait la Main de Massiges et le 2e Corps une position au Nord de Servon. Ces trois objectifs étaient séparés par des intervalles de plusieurs kilomètres. La préparation d'artillerie fut réduite à une centaine de coups par pièce pour une douzaine de batteries de campagne et une vingtaine de pièces lourdes. L'adversaire ne se laisse guère intimider par des feux aussi médiocrement fournis; vigilant et bien retranché, il repousse nos attaques du 21 et du 22 septembre et réoccupe même le village de Servon. Il était ainsi constaté que les Allemands avaient mis à profit pour se fortifier les quelques jours de répit dont ils avaient disposé depuis qu'ils s'étaient arrêtés sur leur front de Champagne. Une nouvelle attaque devait se dérouler le 25/9 ; elle fut repoussée au 26/9 mais les Allemands nous devancèrent le jour même. Après un bombardement, les Allemands (IVe Armée: VIIIe C.A. et XVIIIe C.R.) attaquèrent le 26/9 vers 4 heures du matin sur un front de 9 km, ,de Perthes à Massiges. Notre première ligne fut bousculée; à 5 heures les Allemands abordaient la seconde ligne au Sud du Mesnil et des Hurlus. A 6 h 30, l'ennemi marchait vers la voie romaine. Dès la première heure, la ferme de Beauséjour avait été enlevée, et les Allemands se heurtaient déjà aux coloniaux sur les pentes du Marson à 1 km à l'Est du Mesnil. Mais dès 8 h 30, la soudure de nos troupes était à nouveau faite et après avoir avancé de plus de 3 km, l'offensive ennemie se resserrait, s'effilait. Vers 10 heures l'artillerie allemande faiblissait et notre contre-attaque pouvait se déclencher. Après 24 heures de combats, nous étions revenus sur nos anciennes positions, sauf pour le Bois de Ville qui restait aux mains de l'ennemi. De plus, près de Minaucourt, l'emblème du IIe bataillon du régiment de réserve 69 fut pris au cours d'une attaque effectuée par les 11e et 12e compagnies du 24e R.I.C. de la 6e B.I.C. de la 2e D.I.C. (Leblois). L'impression des combattants de notre côté était que nos attaques des 21 et 22 septembre, celle des Allemands du 26 n'avaient pas changé la situation respective des deux fronts opposés. Nous pensions que, pour les Allemands comme pour nous, le principal résultat des derniers combats était de nous avoir fait constater que nous étions pour le moment impuissants les uns les autres à rompre le front adverse. En septembre 1914, les pertes de la IVe Armée s'élevèrent à: 3 -Préparation à la reprise de l'offensive Comme nos efforts d'attaques sur les organisations allemandes n'ont rien
donné et comme le front se trouve stabilisé, le Haut-Commandemant demande
que: Profitant du calme momentané, on consolide les organisations défensives.
(Le 2/10, il sera livré par armée: 100 tonnes de ronces, 200 tonnes de
fil de fer et 4000 éléments Brun.) L'un des plus puissants obstacles à la rupture du front adverse est constitué par des défenses accessoires accumulées par l'ennemi devant ses lignes. Les échecs subis devant les réseaux de fil de fer avaient montré la valeur de ces défenses. Leur destruction s'imposait comme préparation d'attaque. Dans les cantonnements, on recherchait le moyen le plus efficace pour ouvrir des brèches: pinces bulgares, boucliers à roulettes couvrant deux hommes (l'un poussant le bouclier, l'autre manœuvrant la pince), tir au fusil et à la mitrailleuse sur les réseaux, tir au canon de 75 avec obus explosif à fusée instantanée... Entre les tranchées françaises et allemandes, la séparation n'était souvent que de 50 à 200 mètres, ainsi les Allemands commencèrent rapidement à utiliser des projectiles qui, pour la plupart nous étaient inconnus: grenades à main et à fusil, Minenwerfer puis Flammenwerfer... 4 -Activité sur le front des 2e C.A. et 12e C.A. En Argonne, la lutte prend une physionomie particulière; la nature du sol, les ravins profonds, les croupes touffues sont autant d'obstacles à une action de grande envergure. C'est alors que se développèrent la guerre des mines et l'utilisation intensive des Minenwerfer et Flammenwerfer. La persistance de la lutte engagée par l'ennemi (XIIle et XVIe C.A. allemands) à travers la forêt d'Argonne et l'importance des effectifs employés demandent une modification du front de la IVe Armée: le 4/10, le C.A.C. prend en charge le Bois d'Hauzy et borde la rive gauche de l'Aisne, le 2e Corps ayant alors toutes ses troupes sur la rive droite jusqu'à la route Les Islettes -La Chalade. Le général Gérard entreprend alors une progression méthodique appuyée par l'artillerie vers le Four de Paris. Les tranchées des deux camps étant très proches, on en arrive à une utilisation de plus en plus fréquente de la sape. Dès le 22/10, les Allemands attaquent devant le Four de Paris, entre le Four de Paris et Saint-Hubert et à SaintHubert. A la suite d'un rapide corps à corps, l'ennemi envahit les tranchées de Bagatelle et gagne 600 à 800 mètres. Une contre-attaque reprend une partie du front perdu. Le général de Langle renforce le 2e C.A. de 2 bataillons de la 1re brigade coloniale (Guérin), le reste montant au front le 7/11 (1e R.I.C. et 2e R.I.C.) et d'une batterie de 9e du 12e C.A. Du 27/10 au 5/11, les positions françaises sont attaquées journellement. Chaque jour, les tranchées sont perdues puis reprises à la baïonnette et à la grenade. Le 7/11, l'ennemi se rend maître de la cote 176. Le général de Langle demande à la 3e DI (Cordonnier) de reprendre cette cote 176, de plus il demande au général Gérard de renforcer ses tranchées de 1re et 2e ligne, afin d'éviter la rupture du front du 2e C.A. dans le Bois de la Gruerie et au ravin de Mortier. En Champagne, le 11/10, la 60e D.R. et une brigade de la 23 DI (12e C.A.) attaquent sur le front Moulin de Souain (inclus) -arbre à 1 200 m au Nord-Nord-Est de Saint-Hilairele-Grand, parviennent assez facilement à franchir la moitié de la distance séparant les tranchées françaises et allemandes. Hélas, l'artillerie et les feux d'écharpe de mitrailleuses de l'ennemi ralentissent puis stoppent l'attaque. Le général de Langle demande au général Roques de stopper l'attaque et de maintenir le terrain conquis. Le 30/10, après des tirs systématiques de toute l'artillerie lourde du 12e C.A., des éléments de la 23e DI et de la 60e D.R. attaquent sur un front de 800 m face à la lisière Sud des bois de la cote 160 (Ouest de Souain). Cette attaque échoue devant les réseaux ennemis non détruits. En octobre 1914, les pertes de la IVe Armée s'élèvent à: 5 -Organisation des réserves et de l'artillerie lourde Le 12/11, le général en chef demande la constitution de réserves partielles à la IVe Armée: une Brigade mixte du 17e Corps et de la 60e Division. Pour faciliter la mise en place des réserves, on utilise les unités territoriales: 91 e D.I.T. (Lacroisade) et 96e D.I.T. (Palat) sont sur le front de Champagne. Le 27/11, le général en chef décide que la composition organique de l'artillerie de 75 des C.A. ne serait pas modifiée, mais que l'artillerie lourde de chaque C.A. se composerait d'un groupe d'artillerie à longue portée: soit de 155 à cingoli comprenant 2 batteries de 4 pièces, soit de 120 long comprenant 2 batteries de 4 pièces, soit de 120 long à tracteur comprenant 2 batteries de 6 pièces, soit de 105 long comprenant 3 batteries de 4 pièces. Enfin, un général commandant l'artillerie de l'Armée serait nommé dans chaque armée sous la haute autorité du général commandant l'Armée. 6 -Tentatives d'offensive au 12e C.A. et au 17e C.A. Au 12e C.A., le général Roques ayant expérimenté la destruction des réseaux par des tirs de 75 informait le général de Langle qu'il était prêt à une opération offensive dès le 25/11 à midi. En conséquence, il prescrivait à la 23e DI d'attaquer les tranchées allemandes, dès la fin du tir de 75, aux environs du saillant B (Sud-Ouest de la cote 160; 2,5 km à l'Ouest de Souain), en prenant comme objectif ultérieur les batteries voisines de la cote 160. La 60e D.R. attaquant vers le moulin de Souain et les tranchées à l'Est. La destruction des fils de fer serait préparée par l'artillerie sous casemate et le 17e C.A. prêterait au 12e C.A. l'appui d'une partie de ses canons. Début du tir à 11 h 45, l'attaque commençant à 12 heures. Ce fut un échec à cause du temps défavorable et des réseaux pas assez bouleversés. L'attaque gagna un peu de terrain à gauche, mais rien à droite. Sur le front du 17e C.A., on se contente pendant le mois de novembre et les premiers jours de décembre, d'échanger des coups de canons et de faire progresser les travaux de sape dans la direction du plateau de la cote 200 (800 m Ouest de Perthes): sape Fargés, sape Est, sape Ouest, sape A. Les travaux de sapes des Allemands étant aussi bien avancés, le commandant du 17e C.A. décide le 8/12 la mise à feu des mines vers 13 heures. Trois fourneaux explosent et la 34e DI se porte à l'assaut. Elle réussit à occuper les tranchées allemandes de 1re ligne, situées au saillant SudOuest du plateau 200 (Sud de la route Souain-Perthes). L'ennemi tente le 9/12 à 22 h une contre-attaque qui échoue. Le 10/12 à 1 h du matin il recommence et échoue. Nous nous sommes maintenus sur les positions conquises, nous avons retourné les tranchées abandonnées par l'ennemi et réussi à placer des défenses accessoires. Sur le front du C.A.C., aucune action importante n'eut lieu dans cette période. En Argonne, le 2e C.A. continue sa lutte âpre et difficile: attaques et contre-attaques à peu près quotidiennes sur le Pavillon de Bagatelle, la ferme SaintHubert et Fontaine-Madame. Le 17/11, une attaque des plus violentes oblige le 2e R.I.C. à abandonner ses tranchées de 1re et 2e ligne. Le lendemain, ce même 2e R.I.C. reprenait ses tranchées de 2e ligne et quelques éléments de la 1re ligne. Le 19/11, le généralissime rattachait au 2e C.A. la 10e DI (Gouraud), ce qui modifiait la répartition des secteurs sur son front et en attribue un à la brigade coloniale qui reçoit en renfort le 29/11 des éléments des 7e et 23e R.I.C. de la 3e D.I.C. L'ennemi accentue son effort, le 1/12 il s'empare d'une partie du bois de La Gruerie, le 4/12 il fait fléchir notre front vers Fontaine-aux-Charmes. La fatigue et les pertes du C.A. du général Gérard sont telles que le général de Langle le renforce de deux régiments du 17e C.A., du 6 au 17/12. Pertes à la IVe Armée en novembre 1914 : Bernard Berthion |
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